Project Description

31 Juillet 2015

La ministre de l’Egalité des genres Aurore Perraud a participé au lancement du projet du Human Service Trust « Healthy Lifestyle without substance abuse », le jeudi 30 juillet.

« Ce sont les enfants qui en font les frais. Ils sont les premières victimes des familles détruites… » a lancé Aurore Perraud, le jeudi 30 juillet. Pour la ministre de l’Egalité des genres, les problèmes liés à la consommation d’alcool gagnent du terrain à Maurice. Elle intervenait lors du lancement du projet « Healthy Lifestyle without substance abuse », du Human Service Trust.


Selon Aurore Perraud, le fléau de l’alcool affecte de plus en plus les femmes. Mais également les jeunes. «Beaucoup de jeunes commencent à consommer de l’alcool à un très jeune âge. Cela, sans être au courant et se soucier des conséquences

Autre point soulevé: la situation dans les refuges de l’île, où se trouvent quelque 200 jeunes. Un rapport est attendu bientôt. « Les jeunes ont besoin d’être mieux encadrés pour pouvoir réintégrer la société », a déclaré la ministre.

Taxe sur l’alcool
Le Premier ministre par intérim Xavier-Luc Duval s’est lui aussi attardé sur la consommation d’alcool à Maurice. «Nul n’avait apprécié le fait que j’augmente la taxe sur l’alcool à l’époque où j’étais ministre des Finances. A Maurice, on consomme 36 millions de litres de bière et 12 millions litres de rhum par année.» Selon lui, la consommation avait diminué quand la taxe a été revue à la hausse.

Evoquant la question de la pauvreté, Xavier-Luc Duval a affirmé que « la misère est liée au manque de planification familiale ». Et d’ajouter que, de nos jours, «les familles mieux loties sont celles qui ont de moins en moins d’enfants».

http://www.lexpress.mu/article/266512/aurore-perraud-lalcool-affecte-plus-en-plus-femmes

Le 9 septembre a été décrété Journée internationale pour la prévention du Syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). L’addictologue Thierrry Maillard est l’invité de l’ONG Étoile d’espérance, qui vient en aide aux femmes dépendantes à l’alcool. Il participe à la campagne de prévention de l’association contre le SAF.

http://www.lexpress.mu/article/268448/dr-thierry-maillard-syndrome-dalcoolisation-foetale-touche-3-enfants

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10 juillet 2014

L’alcoolisme chez les femmes est en hausse et l’on constate une augmentation de cas d’enfants nés avec des problèmes physiques et psychologiques liés à cette situation.

Méconnu des Mauriciens et de nombreux professionnels de la Santé, le Syndrome d’Alcoolisme Fœtale (SAF) cause énormément de dégâts sur la vie de la maman et celle de son enfant. Des femmes et des enfants frappés par ce drame acceptent de lever le voile pour raconter leur quotidien.

Il y a une dizaine de jours, les résultats sont tombés. Jennifer, 37 ans, est séropositive. Mais elle n’a pas le temps de penser à elle. Jennifer se soucie plutôt de la santé de ses enfants. “Je me demande s’ils ont été infectés. Je veux savoir si, par ma faute, ils auront à faire face aux préjugés de la société.” Anéantie et remplie de remords depuis qu’elle a appris la nouvelle, Jennifer se considère comme une mère irresponsable qui a gâché la vie de ses enfants. “Je ne mérite pas le nom de maman. Je suis une mauvaise mère !”
Ce genre de remords a titillé l’existence de la mère de Marie jusqu’à ce qu’elle meure, il y a trois ans. Mais malgré toutes les souffrances qu’elle a endurées à cause du comportement de sa mère, la jeune femme de 27 ans ne lui en a jamais voulu et l’appelle toujours “maman”.
Le visage marqué par les cicatrices laissées par un mari violent et le buste recouvert de traces d’une ancienne brûlure à l’eau bouillante, Jennifer parle sans aucun tabou des tourmentes de sa vie. Elle était encore adolescente lorsqu’elle a connu l’alcool. À 18 ans, elle en était déjà accro. Avant, et même pendant sa première grossesse, elle descendait quotidiennement pas moins d’une bouteille. Jennifer se levait du lit tous les matins ivre et se recouchait le soir dans le même état. Elle était saoule à chaque fois qu’elle se rendait à son rendez-vous à l’hôpital dans le cadre de sa grossesse. Elle avait toujours en sa possession sa bouteille d’alcool, qu’elle dissimulait dans son sac. “Je n’étais plus consciente de ma vie. C’est la boisson qui guidait mes actes.”

“Monn koule net”.
Pour sa part, Marie a assisté, impuissante, à la descente aux enfers de sa mère. Des années plus tard, elle est parvenue à la même conclusion : être élevée par une mère alcoolique est non seulement difficile mais surtout traumatisant. Les mêmes questions revenaient tous les après-midi quand elle rentrait de l’école. Elle se demandait où était sa mère et voulait savoir si elle rentrerait ou pas. Parfois, elle s’interrogeait sur l’état dans lequel sa mère les retrouverait, et appréhendait la suite. Car les disputes entre ses parents étaient de plus en plus fréquentes.
Souvent, après une consommation abusive de l’alcool, on ne se contrôle plus. Pour Jennifer, c’était pire que cela. Il lui arrivait d’oublier qu’elle portait un enfant. Bien qu’elle ait été épargnée la première fois et qu’elle a donné naissance à une petite fille en bonne santé, Jennifer n’a pas pris conscience de ses erreurs. “Mo pa ti ena enn gid kote paran. E kan mo tour monn separe ek mo tifi kan linn gagn de zan, monn koule net.” Pendant les deux ans qu’elle a eu sa fille à ses côtés, Jennifer n’a pas répondu à son rôle de mère. Ses bouteilles d’alcool étaient tout ce qui comptait pour elle. Il lui arrivait d’abandonner sa fille pendant plusieurs jours et de ne rentrer à la maison qu’après s’être dessaoulée. Jusqu’au jour où, las de cette situation, son époux l’a quittée et lui a enlevé sa fille. “La monn deregle net. Tou dimounn ki mo ti zwenn lor sime, mo ti demann zot aste bwar pou mwa. Mo ti al dormi ar tou kalite zom pou kapav aste larak. Mo ti bwar tou se ki mo ti gagne”, raconte Jennifer, le regard perdu et la voix nouée, lorsque se rappelle cette période noire de sa vie.

Personne à qui parler.
Du peu de souvenirs qu’elle a gardés de son enfance et de son adolescence, Marie évoque une existence bouleversante. Elle n’a jamais été comme les autres enfants de son âge. En plus d’être privée de l’amour et de l’affection de sa mère, elle devait affronter les moqueries et les critiques de ses camarades d’école et de son entourage. On lui reprochait souvent de ne pas se comporter correctement, d’être malpolie, de ne pas s’habiller comme il faut.
Marie souffre en fait de dysfonctionnements comportementaux. Le Syndrome d’Alcoolisme Fœtale se manifeste particulièrement par des signes d’hyperactivité, d’impulsivité et de mauvaise coordination. “C’est facile pour les gens de me critiquer sans se demander si je souffre d’une maladie quelconque. Même aujourd’hui, certains continuent à rire de moi.” Des larmes aux yeux; les mains d’abord, puis tout le corps qui commence à trembler, les dents qui claquent… Marie peine à parler de sa maladie. Elle est envahie par la peur. Lorsqu’on l’interroge sur les difficultés qu’elle affronte au quotidien, pas un mot ne sort de sa bouche. La jeune fille est paralysée et n’est plus en mesure de contrôler ses émotions. Il lui faut quelques minutes pour se reprendre. Marie a découvert qu’elle souffrait du SAF plusieurs années après sa naissance, alors que les symptômes commençaient à surgir plus régulièrement. Comme il n’y a pas de traitement approprié, la jeune fille se retrouve seule, livrée à elle-même. Elle n’a personne à qui parler lorsqu’elle va mal.

“Mo pe pas martir”.
Jennifer ne sait pas si son deuxième enfant de 8 ans a été atteint : elle a été séparée de son petit douze jours après sa naissance. Mais elle est consciente des dégâts de son irresponsabilité sur ses deux derniers enfants. Le troisième, âgé de 7 ans, a une malformation au niveau du visage et de la bouche; la benjamine, âgée de 3 ans, souffre de troubles comportementaux et d’hyperactivité. Les deux derniers enfants ainsi que le cadet ont une hépatite C. “Je prie Dieu pour qu’ils ne soient pas séropositifs comme moi. Au cas contraire, je sais que je vais mourir. Mo pe pas martir ek mo zanfan ousi pe soufer akoz mwa.” Le chagrin de Jennifer se reflète sur son visage. La culpabilité la ronge quotidiennement. Grâce au soutien du père de ses deux derniers enfants, Jennifer essaie de se donner une deuxième chance. “Je veux pouvoir chasser les démons qui ont détruit ma vie et envisager une meilleure existence.”
Marie regrette qu’à ce jour, aucun médecin ne peut établir un diagnostic de sa maladie. Tous ceux qu’elle consulte lui disent ne pas savoir de quoi elle souffre exactement. Marie a été forcée de se faire à l’idée qu’elle vivra avec sa maladie sans savoir si elle en guérira un jour. Après une scolarité difficile et mouvementée, la jeune fille s’est reprise en main et a mis toutes les chances de son côté pour entamer une carrière professionnelle. Diplômée en informatique, elle exerce comme formatrice dans un centre spécialisé. “Je ne suis pas comme les autres, je le sais ! Tout ce que je demande, c’est de pouvoir rejoindre un groupe de personnes souffrant de cette même maladie. On se comprendrait mieux et on pourrait mieux communiquer.”
Marie et Jennifer souhaitent que le Syndrome d’Alcoolisme Fœtale soit pris au sérieux dans les services de Santé à Maurice afin que les personnes puissent être soulagées de leurs souffrances.


Les dégâts du SAF
L’exposition prénatale à l’alcool peut induire un ensemble d’altérations très diverses sur l’organisme en développement, pouvant s’exprimer non seulement durant la vie intra-utérine, mais également après la naissance, durant l’enfance, l’adolescence et même à l’âge adulte. L’appellation anglo-saxonne Fetal Alcohol Spectrum Disorder (FASD) reprend le Syndrome d’Alcoolisme Fœtal (SAF) ainsi que les effets fœtaux alcooliques (EFA). La notion du SAF a été introduite pour la première fois en 1973 par Jones et Streissguth. Le SAF est la forme la plus sévère des altérations provoquées par l’alcool et survient suite à une consommation élevée, que ce soit de façon chronique ou épisodique. Les EFA surviennent quant à eux généralement pour des consommations moindres.


Le grand tabou
Le tabou de l’alcool à Maurice joue beaucoup sur cette difficulté à aborder l’alcoolisation fœtale, souligne Priscilla Martial, Operations Manager à Étoile d’Espérance. La prévention de l’alcoolisation fœtale, découverte en 1973, est inscrite depuis 2004 parmi les objectifs prioritaires de la Loi de Santé publique en France. Mais ce problème reste encore méconnu des Mauriciens. De nombreux professionnels de la Santé ne se sentent pas suffisamment concernés, confie Micaëlla Clément, Finance & Project Manager à Étoile d’Espérance. Si la consommation de tabac est systématiquement abordée dans les consultations prénatales, celle de l’alcool l’est beaucoup moins. Micaëlla Clément estime qu’il y a un gros travail à faire. “Vous imaginez qu’à Maurice, on ne peut même pas détecter la maladie ! C’est grave ! Ce qui fait que des chiffres exacts ne peuvent être révélés. Il faut prendre le problème à la racine et commencer à sensibiliser toute la population.” Il faudrait avant tout oser en parler.
À Étoile d’Espérance, le constat est qu’il y a de plus de plus de femmes qui sont des victimes de l’alcool. De plus, elles sont de plus en plus jeunes à faire face à l’alcoolisme. “Avant, on accueillait les 35 +; aujourd’hui, la majorité de celles qui viennent au centre est à peine âgée de 20 ans”, confie la psychologue clinicienne, Christiane Fok Tong.
Cette tendance veut que parallèlement, parmi les patientes d’Étoile d’Espérance, elles sont nombreuses à avoir donné naissance à un enfant souffrant du Syndrome d’Alcoolisme Fœtal (SAF). Au centre, l’inquiétude règne à ce sujet. “Nous avons déjà beaucoup d’enfants qui souffrent de cette maladie. Dans une dizaine d’années, ce sera pire”, prédit Christiane Fok Tong.
Comme moyen de prévention, l’équipe d’Étoile d’Espérance pense qu’il faudrait avant tout faire prendre conscience de la gravité de la maladie aux membres du corps médical. La sensibilisation doit commencer par eux. Ainsi, les gynécologues obstétriciens, les pédiatres, les puéricultrices et autres membres de la Santé ne se retrouveront plus en difficulté pour aborder le sujet et le message passera facilement. “Il est temps de tirer la sonnette d’alarme et d’agir vite !”


Syndromes
Le SAF comprend un retard de croissance pré et postnatal : diminution du poids, de la taille du corps et de la circonférence de la tête. Il peut aussi entraîner des altérations du système nerveux central : retard du développement mental, diminution des capacités intellectuelles, anomalies neurologiques, troubles d’apprentissage, dysfonctionnements comportementaux divers (troubles du sommeil et réflexe de succion réduit chez le nouveau-né, mauvaise coordination, hypotonie, irritabilité, hyperactivité, impulsivité, troubles de l’attention et de la mémoire, troubles de l’élocution).
Des malformations diverses dans les formes graves (cerveau, cœur, reins, yeux, squelette) et une dysmorphie crâniofaciale sont aussi courantes. Dans le cas d’une dysmorphie, les conséquences peuvent s’atténuer avec l’âge, mais les aspects évocateurs restent visibles : espace entre le nez et la lèvre supérieure (philtrum) long, avec des sillons estompés ou effacés; lèvre supérieure fine; fentes palpébrales (distance entre le coin interne et le coin externe de l’œil) courtes, “petits yeux”.
Dans 30% des cas, d’autres malformations peuvent également toucher le cœur, les reins, les organes génitaux, la peau, le squelette, les membres, le cerveau, les yeux et les oreilles.


L’alcool sur l’embryon et le fœtus
L’alcool est potentiellement nocif à tous les stades de la grossesse, notamment pendant les premières semaines, alors que la femme ne sait pas encore qu’elle est enceinte. Les effets de l’alcool peuvent influencer aussi bien l’embryon, le fœtus, que le décours de la grossesse. Le risque et la gravité des effets augmentent parallèlement à la quantité moyenne d’alcool consommée et au nombre de verres ingérés par occasion.
L’alcool passe librement et rapidement la barrière placentaire et se retrouve dans le liquide amniotique et le sang fœtal. Sa concentration est alors bien plus élevée que chez la mère car l’équipement enzymatique de détoxication (ADH) n’apparaît chez le fœtus qu’au deuxième mois de la grossesse et reste peu actif.
Les effets de l’exposition prénatale à l’alcool sont variables et dépendent de nombreux facteurs tels que la qualité d’alcool consommée, des stades de grossesse au cours desquels l’alcool a été consommé, de la capacité de la mère à métaboliser l’alcool, de l’équipement génétique du fœtus…
Lors du premier trimestre, on note la survenue prépondérante d’anomalies structurelles et anatomiques ainsi qu’un plus grand risque d’avortement spontané. Au cours des deuxième et troisième trimestres, il existe plus fréquemment un retard de croissance dit harmonieux, un risque de prématuré, ainsi que des anomalies fonctionnelles, tout particulièrement cérébrales.

http://www.lemauricien.com/article/alcoolisme-chez-la-femme-enceinte-spirale-fatale

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Mardi 06 Mai 2014

Les ravages de l’alcoolisme dans la société mauricienne perdurent. Malgré les campagnes de sensibilisation et les informations sur les risques que peut avoir l’alcool sur la santé, les chiffres démontrent qu’entre 250 à 300 personnes en décèdent annuellement.

Dans son Global Status Report on Alcohol and Health en 2011, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait attiré l’attention sur la consommation d’alcool à Maurice. Malgré le fait que le taux d’alcoolisme est inférieur à la moyenne mondiale, le nombre de décès causé par l’alcool est plus élevé à Maurice.

Chaque Mauricien de plus de 15 ans consomme 3,7 litres d’alcool pur par an. Toutefois, il est à noter que même si la consommation d’alcool est relativement plus élevée dans d’autres pays, le taux de décès reste inférieur à celui de Maurice. Selon le dernier rapport du National Economic and Social Council sur l’alcoolisme, on enregistre autour de 250 et 300 décès, par année, liés à la consommation de boissons alcoolisées. Malgré ces chiffres alarmants, il semblerait que la prévention peine à passer auprès des Mauriciens.

Très accessible
Selon le sociologue Ibrahim Koodooruth, l’alcool est socialement acceptable à Maurice et fait partie dans notre culture.  De plus, au fil des années, il est devenu un élément clé presque irremplaçable dans notre mode de socialisation. L’alcool est présent dans la plupart de nos rencontres, que ce soit entre amis ou en famille. « Les boissons alcoolisées sont très accessibles à Maurice. Il suffit de se rendre à la boutique du coin pour s’en procurer.

Par ailleurs, on note que de plus en plus de jeunes tombent dans l’alcoolisme. Pour ces derniers, la consommation d’alcool est tendance – il faut en consommer pour être ‘in’. On ne peut pas nier qu’au moins un élève est réprimandé ou renvoyé à cause de l’alcool.

On note également la pratique du Happy-Hour. Ces nouvelles habitudes des Mauriciens encouragent la consom­mation d’alcool », souligne le sociologue. Selon le sociologue, à Maurice, chez les adultes, la consommation d’alcool est devenue presque indispensable. L’alcool est toujours au rendez-vous, dans les fêtes, les mariages et autres célébrations. Il existe la mauvaise perception selon laquelle on ne peut pas passer de bons moments ou se détendre sans alcool.

« Il faut, cependant, se rendre à l’évidence que l’abus d’alcool n’est pas sans conséquence. Elle est souvent responsable de problèmes familiaux et des ruptures, voire même des cas de violence domestique. Par ailleurs, on a eu plusieurs cas où des individus ayant perdu la maîtrise de soi car ils étaient sous l’influence de l’alcool, ont commis des actes irréparables tels qu’un meurtre ou un viol », insiste-t-il.

Gérard Lesage de la National Agency for the Treatment & Rehabilitation of Substance Abuse (NATRESA), partage le même avis que le sociologue Ibrahim Koodooruth : l’alcool est une drogue dangereuse qui fait de plus en plus mal à notre pays. « Le pays se développe et il n’y a pas que des bons côtés. La femme active profite d’une liberté financière au même titre que les hommes. Certains gèrent leur argent judicieusement  alors que d’autres font des excès. Les chiffres sont là pour prouver que c’est un fléau. Malheureusement cela fait beaucoup de dégâts », ajoute Gérard Lesage.

Comment devient-on alcoolique ?
Selon les études psychologiques, l’abus de l’alcool a sans aucun doute un impact psychologique non-négligeable. Toutefois, il existe bien des raisons qui poussent une personne à sombrer dans le cercle vicieux de l’alcoolisme. Pour le psychologue Vijay Ramanjooloo, dans la plupart des cas, les gens deviennent alcooliques car ils ne parviennent pas à gérer leurs émotions. « Ces personnes ne parviennent pas à accepter que la vie soit faite des hauts et des bas.

Ainsi, pour ces gens, consommer de l’alcool les aide à mieux gérer leurs difficultés. Il ne faut surtout pas oublier les facteurs sociologiques – dès sa naissance l’enfant est exposé à l’alcool. Dans bon nombre de familles, le père ainsi que la mère boivent devant l’enfant et ce dernier est en contact permanent avec l’alcool.

Si certains réussissent après beaucoup d’efforts à vaincre leur obsession pour l’alcool, d’autres en revanche sombrent davantage alors que leur santé se détériore un peu plus jour après jour », souligne le psychologue.  De son côté, Armand, ancien alcoolique et actuellement animateur à ‘Alcoolique Anonyme’, affirme qu’il existe trois types de buveurs, soit le buveur social, normal et alcoolique. Selon lui, on ne devient pas alcoolique par hasard, plusieurs facteurs font qu’une personne se réfugie dans l’alcool.

« Il existe plusieurs raisons qui poussent une personne vers l’alcoolisme, telles que la perte d’emploi, les problèmes familiaux, entre autres. Certaines personnes ont même des dépendances sévères – faute de boissons alcoolisées, elles boivent d’alcool blanc (produit qu’on utilise pour le nettoyage des vitres) avec de l’eau. Il existe des personnes qui font une rechute après une désintoxication », explique l’animateur.

Priscilla Martial coordinatrice à l’association l’étoile d’Espérance : « La femme ne boit pas sans raison »
L’alcoolisme n’est pas uniquement un problème masculin. Les femmes sont elles aussi concernées par ce fléau qui gangrène notre société. « La femme alcoolique boit souvent en catimini. Elle ne supporte pas le regard de la société sur elle. Cependant, contrairement aux hommes alcooliques, elle arrive tout de même au début de sa dépendance à gérer ses activités au quotidien », c’est ce que nous explique Priscilla Martial.

Selon notre interlocutrice, la femme qui boit, c’est une femme qui a le regard de la société sur elle-même. Elle boit seule, cache sa bouteille de liqueur dans la machine à laver. Au début, l’entourage ne s’en rend pas compte. « À la différence de l’homme, la femme arrive à endosser ses responsabilités d’épouse ou de mère de famille mais, au fil du temps, elle ne parvient pas à se résister à ses addictions.

Dans la plupart des cas, la famille réalise que la femme a un penchant pour l’alcool qu’après plusieurs mois », dit-elle. À son avis, la femme ne boit pas sans raison. Sa dépendance à l’alcool cache dans la plupart des cas une souffrance – l’alcool agit comme un produit anxiolytique et masque les souffrances. « Parmi les raisons qui poussent les femmes à boire figurent la solitude, la séparation, le divorce ou victime d’abus sexuel ou d’inceste dans son enfance », conclut-elle.

L’alcoolisme : ses effets sur la santé
Il est aujourd’hui un fait que la consommation excessive d’alcool nuit à la santé. Les études ont démontré qu’on a tendance à consommer plus d’alcool ces dernières années. Toutefois, on a tendance à ignorer les effets nuisibles de l’alcool sur notre santé, selon le spécialiste en médecine interne.

« L’alcool endommage plusieurs organes, tels que le foie, le pancréas, entre autres. De plus, il est prouvé qu’il est la cause majeure de la cirrhose du foie. L’excès d’alcool peut également causer le cancer de la gorge et de la bouche, des problèmes neurologiques, une insuffisance cardiaque ainsi qu’une inflammation du pancréas. Chez la femme, problème gynécologique, troubles de règles ou même la stérilité et les problèmes psychologiques », souligne Zouberr Joomaye.

Pour sa part, le Dr Vinod Ramkoosalsing, psychiatre pour le ministère de la Santé, souligne que 35 % des patients de l’hôpital ont des complications de santé liées à l’abus d’alcool. De plus, selon les chiffres, 40 % des personnes admises à Brown-Séquard souffrent de la dépendance à l’alcool. « Chez les hommes, on note une baisse dans le nombre de patients admis pour cause d’alcoolisme. En 2009, on avait enregistré 2 673 admissions contre 1 574 en 2012.

Chez les femmes, on enregistre environ 225 cas par an alors que dans les années 90, il y avait que très peu de femmes alcooliques. L’alcool peut facilement devenir une dépendance. Il suffit de prendre un verre au même rythme pour qu’on devienne alcoolique dans l’espace de sept à dix ans. C’est en effet le cas pour 75 % des cas, chez les hommes. Les problèmes psychiatriques causés par l’alcool sont également récurrents en particulier chez les femmes », avance-t-il.  Selon le psychiatre, il est très facile de se trouver des excuses pour tomber dans l’alcool.

« Certaines personnes pensent à tort que l’alcool est la solution à leurs problèmes alors qu’il est un fait qu’il ne fait qu’ajouter à leur lot. Loin d’être une solution, l’alcool cause pas mal de dégâts. Il peut mener une famille à sa perte ainsi que bousculer la vie professionnelle. Autant de situations qui entraînent beaucoup de stress nuisible pour la santé et le bien-être », conclut le Dr Vinod Ramkoosalsing.

TÉMOIGNAGES

Hushna, 49 ans : « Je buvais pour oublier la perte d’un être cher »
Hushna,  49 ans, nous livre son passé d’alcoolique et comment elle a failli tout perdre à cause de son penchant pour l’alcool. « J’ai pris mon premier verre d’alcool à l’âge de 19 ans. Toutefois, c’est suite au décès d’une personne qui m’était très chère que j’ai commencé à boire d’une façon excessive. L’alcool était la seule solution pour me faire oublier cette perte. J’ai négligé mon apparence, mon hygiène. Au lieu d’avoir un soutien, j’ai perdu tout le respect au travail ainsi que dans ma famille. J’ai également coupé tout contact avec mes proches », dit-elle.

P.R, 59 ans : « Il n’a pas pensé à notre fille »
Vivre avec un alcoolique peut être semblable à un défi au quotidien. Cette quinquagénaire confie qu’elle est au bout du rouleau avec son mari alcoolique. « Quand on s’est marié, il ne buvait jamais. Après la naissance de notre fille, il a décroché un travail à l’étranger et, après son retour, il était un homme différent.

Tout à coup, il buvait sans limites. Il s’absentait de son travail et se négligeait. D’ailleurs, il a été licencié après quelques mois et c’est là que commence notre calvaire », nous révèle-t-elle.  Son mari a dépensé pratiquement tout l’argent sur son compte bancaire avant qu’elle ne s’en rende compte. « On a tout essayé. On l’a emmené chez un psychiatre mais il ne voulait que boire dès qu’on rentrait. Mes proches ont tout fait pour l’aider mais il avait déjà sombré complètement dans l’alcool.

Le pire c’est qu’il n’a pas pensé à notre fille. Cette dernière ne pouvait pas voir son père dans cet état. Au fil de quelques années, son état s’est aggravé et il demandait de l’argent pour acheter des boissons alcoolisées. La situation a été ainsi pendant plusieurs années jusqu’à ce qu’il commence à consommer l’alcool blanc. Les conséquences ont été certes très graves sur son état de santé et il est décédé quelques mois plus tard », raconte-t-elle.

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Le mauricien | 5 octobre, 2013

MINISTÈRE DE LA SANTÉ :  Vasantrao Gujadhur, « Rajeunissement et féminisation  de l’alcoolisme inquiétants »
“Focal Person” du ministère de la Santé sur le dossier de l’alcool chez les jeunes, le Dr Vasantrao Gujadhur ne cache pas « l’inquiétude du gouvernement face au rajeunissement et à la féminisation de l’alcoolisme. » À la lumière d’études, dont le dernier exercice du Global School Based Student Health Survey (GSHS) de 2011, il révèle que « 73% des étudiants sondés ont admis avoir commencé à consommer de l’alcool à 14 ans, contre 67% en 2007. »

Une courbe ascendante qui, ajoute notre interlocuteur, « incite le ministère de la Santé à renforcer ses actions et mesures déjà existantes. ». Le GSHS de 2011 fait également état du fait que 25,2% des étudiants sondés ont admis avoir consommé de l’alcool durant les 30 jours précédant la tenue de l’exercice, contre 20,8% en 2007. « Ce qui représente une augmentation de 21% », estime le Dr Gujadhur. Une autre étude menée chaque cinq ans dans l’île s’agissant de la consommation d’alcool indique qu’en 2004, 58% des hommes et 28% des femmes étaient concernés, contre 65% des hommes et 33,8% des femmes en 2009. « Nous avons donc une augmentation de 13% chez les hommes et 25% chez les femmes », note encore la “Focal Person” du ministère.

« Ces indications nous inquiètent sérieusement. Nous avons noté que les jeunes et surtout les filles consomment de plus en plus d’alcool. Les deux phénomènes impliquent des comportements à risques. Ces jeunes sont alors plus vulnérables et ont tendance à avoir des relations sexuelles non-protégées, entre autres. Ce qui peut entraîner des maladies infectieuses, dont le sida. » L’autre pendant alarmant à ce problème, continue le Dr Gujadhur, c’est que « les jeunes femmes qui prennent de l’alcool et qui ont des rapports sexuels très tôt deviennent mères très jeunes. La sexualité et la grossesse précoce sont en hausse également. » Ce qui amène « une série de complexités sur le plan social, souligne notre interlocuteur. Déjà, ces jeunes qui sont poussés vers la boisson sont, pour beaucoup, issus de familles à problèmes, certaines mono-parentales. Ce qui fragilisera davantage la cellule familiale… »

Avec le concours de l’OMS, le ministère de la Santé devrait « lancer d’ici peu un projet de dépistage d’alcool et de “substance abuse” auprès des plus de 18 ans », explique le Dr Gujadhur. Entretemps, « nous avons déjà une série de mesures et d’actions en place, sous la férule du ministère, et que nous allons renforcer. Car si de plus en plus de jeunes et de femmes sont touchées par l’alcoolisme, cela implique une fragilisation de la famille et de la société, que l’on doit prévenir. »

http://www.lemauricien.com/article/jeunes-et-alcool-pascal-27-ans-noyer-mes-deceptions-familiales-et-amoureuses-je-buvais-nuit-

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Written by  Naznee F.Burtally Sunday, 18 December 2011 12:00

« La femme alcoolique boit seule, boit pour oublier, boit pour ne plus souffrir, boit pour crier à la face du monde qu’elle ne s’aime pas et que personne ne la comprend », indique Patrick Boulonne, directeur général de l’Étoile d’Espérance, centre de traitement et de réhabilitation pour les alcooliques.

Patrick Boulonne estime que de plus en plus de jeunes femmes, entre 25 et 40 ans sont alcooliques. « Un rajeunissement de la population féminine qui succombe dans l’alcoolisme a été constaté durant ces deux dernières années. Et il est très difficile pour elles de s’en sortir sans l’aide nécessaire, car il faut prendre en considération que les femmes se cachent pour boire », explique Patrick Boulonne.

En 2010, 35 % des femmes admises à l’hôpital Brown-Séquard avaient des problèmes liés à l’alcool. Toutefois selon le Dr Vinod Sunassee,  psychiatre et ex-surintendant de cet établissement psychiatrique, ce taux ne reflète pas le nombre réel de femmes souffrant d’alcoolisme. Beaucoup d’entre elles, ne recherchent pas de l’aide, à cause du qu’en-dira-t-on.

Selon Patrick Boulonne, lorsque la femme se met à boire, on peut dire que rien ne va plus ni pour elle ni pour la famille. Elle va s’adonner à son vice dans la solitude, la honte et la clandestinité. Le jugement que peut porter la société pousse plusieurs femmes, surtout celles de la classe aisée, à rester à l’ombre, alors qu’elles gagneraient à rechercher de l’aide.

  • Conséquences

maurice1-2013La femme s’intoxique plus gravement et plus profondément que l’homme, avance le Dr Sunassee : « À poids égal et à consommation d’alcool équivalente, elle accuse très vite un seuil d’alcoolémie plus important ».

En Angleterre, une étude a démontré que l’espérance de vie d’une femme alcoolique baisse de 15 ans. Les femmes éliminent moins d’alcool au niveau de l’estomac. Il y a, donc, une plus grande proportion d’alcool ingéré qui se mélange dans le sang des femmes que dans celui des hommes. L’alcool est mieux toléré par l’homme à cause de son poids.

Le désir sexuel chez la femme diminue davantage et elle a la dysménorrhée, ce qui veut dire qu’elle a des menstruations douloureuses. La dépendance à l’alcool et les problèmes associés, comme les atteintes au foie et au cerveau, surviennent après une période plus courte d’intoxication chez la femme et ont une évolution plus rapidement défavorable.

  • Le syndrome d’alcoolisation fœtale

Sur chaque 1 000 fœtus, le taux syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) chez les femmes enceintes à Maurice est de 1 à 3, dit le Dr Sunassee. Dans d’autres pays, le taux varie de 23 à 29 sur chaque 1 000 fœtus. Quand une femme est enceinte, son bébé boit ce qu’elle boit. L’alcool est à l’origine d’un certain nombre de malformations fœtales, les plus graves étant regroupées sous le terme de syndrome d’alcoolisation fœtale. C’est le 3e handicap majeur de l’enfant après la trisomie 21 et les anomalies du tube neural.

Certaines études montrent qu’un à deux verres par jour pendant la grossesse provoquent des manifestations mineures du syndrome d’alcoolisation fœtale qui ne s’exprime complètement que chez les mères alcoolo dépendantes. Le syndrome complet se manifeste par un handicap physique et mental résultant en des troubles comportementaux importants, alors que les manifestations mineures comprennent un retard de croissance, des difficultés scolaires et des troubles du comportement.

Vu que les études scientifiques n’ont pas su déterminer avec précision les quantités d’alcool qui augmentent le risque pour l’enfant, il est fortement conseillé de s’abstenir de boire de l’alcool durant toute la grossesse. Il est également important de préciser que la consommation d’alcool pendant l’allaitement peut provoquer des convulsions chez le nouveau-né, explique le psychiatre.

  • Campagne de prévention

La Journée mondiale de la prévention du syndrome d’alcoolisation fœtale est célébrée le 9 septembre. À l’île de La Réunion, c’est l’association SAF France, dirigée par le Dr Thierry Maillard, qui a eu l’idée de mettre au point une campagne de prévention et de sensibilisation.

À Maurice, c’est l’Étoile d’Espérance, centre de traitement et de réhabilitation pour les alcooliques, qui s’occupe de promouvoir une telle campagne. Chaque année, le Dr Thierry Maillard vient à Maurice dans le cadre de cette journée pour promouvoir la campagne de sensibilisation afin de faire comprendre aux femmes que l’alcool affecte le fœtus pendant la grossesse.

  • En chiffres

Le taux de divorce est quatre fois plus supérieur chez les femmes alcooliques. 30 % à 40 % des jeunes femmes ayant une mère alcoolique risquent d’en devenir une, à l’âge adulte, selon le Dr Sunassee

TÉMOIGNAGES

  • Fêtes de fin d’année : l’heure de vérité

La quinzaine de résidentes en réhabilitation au centre l’Étoile d’Espérance, vont partir dans leur famille pour les fêtes de Noël et de fin d’année. Une occasion pour ces femmes de faire face à la réalité et de résister à la tentation. Car en cette période de fêtes, les boissons alcooliques sont omniprésentes.

E. A., âgée de 38 ans, raconte que la boisson a failli mettre un terme à sa vie de couple. « J’ai commencé à l’âge de 17 ans, puis c’est devenu une habitude, jusqu’au jour où j’ai réalisé que l’alcool me détruisait complètement. Les autres me racontaient mon comportement sous l’emprise de l’alcool. Alors j’ai décidé de me ressaisir pour sauver ma vie de couple. Mon mari est très compréhensible et a pris les dispositions nécessaires pour me faire interner à l’Étoile d’Espérance », raconte-t-elle.

« Depuis que je suis au centre, je me sens mieux. Bien que je vais partir chez moi je ne vais pas me laisser tenter par la boisson. Mon mari ne prend pas d’alcool alors que mon père a cessé depuis que j’ai pris la résolution de cesser. Je suis convaincue que pour les fêtes de fin d’années je ne vais pas me laisser tenter », ajoute-t-elle.

J.J., mère de trois enfants, est en résidente à l’Étoile d’Espérance depuis deux mois. Elle raconte qu’elle a commencé à boire petit à petit, après des problèmes familiaux, mais qu’à un moment elle ne pouvait plus sortir. « Alors grâce au soutien de la famille et pour mes enfants j’ai décidé de venir ici. Depuis deux mois, je suis ici et je me sens très bien. Et je me suis fait le serment de ne plus toucher ce poison. J’ai vécu un calvaire avec l’alcoolisme, maintenant je veux vivre pour mes enfants et ma famille », dit-elle.

S. B., 27 ans, a réalisé son erreur après la naissance de son dernier enfant. Mère de deux autres enfants, le dernier qui a seulement 9 mois aujourd’hui a été victime des effets du syndrome d’alcoolisation fœtale. Il a heureusement eu des manifestations mineures, soit un retard de croissance.

« Depuis la naissance de mon dernier, j’ai réalisé mon erreur. Par ma faute, mon dernier enfant doit souffrir, mais les médecins m’ont assuré qu’il a été légèrement affecté et qu’avec des traitements nécessaires il ne sera plus en danger. Quand je vois mon bébé dans cet état cela me ronge le cœur », explique-t-elle.

  • Couche sociale

Patrick Boulonne dit que l’alcoolisme ne touche pas une couche sociale en particulier et note que de nombreuses femmes de la classe aisée souffrent de ce problème. « Comme elles ont honte de sortir de leurs coquilles, elles continuent à boire dans l’ombre. Très souvent, ce sont les maris qui finissent par nous solliciter », fait-il remarquer.

Le centre l’Étoile d’Espérance existe depuis avril 1997 et accueille les femmes alcooliques. Parmi les 200 femmes qui sollicitent son assistance par an, on trouve de nombreuses ménagères. Il y a un gros travail à abattre sur le terrain pour combattre le fléau de l’alcoolisme chez les femmes. Elles prennent le relais des hommes. De nos jours, l’alcool est servi en toute occasion.

  • Thérapies en trois phases

Un programme en trois phases a été conçu pour les femmes qui viennent au Centre l’Étoile d’Espérance :
1. Day Care : Elles passent la journée au centre en suivant les thérapies et en s’adonnant aux activités artisanales, assistent aux séminaires et réapprennent à prendre soin de leurs corps.

2. Résidentiel : Les femmes en grande difficulté sont prises en charge pendant une durée (pouvant dépasser quatre mois) pendant laquelle elles n’ont pas droit à l’alcool. Elles travaillent sur elles-mêmes, loin de leurs soucis. Le centre s’occupe de la réhabilitation, alors que le Brown Séquard Hospital s’occupe de l’aspect médical.

3. After Care : Celles qui ont résidé au centre doivent absolument y revenir une fois par semaine, après avoir regagné leur famille, pour continuer la thérapie. Une thérapie familiale existe au centre, car un malade alcoolique traumatise toute sa famille.  À travers la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers (Natresa), le ministère de la Sécurité sociale soutient financièrement le centre, mais, comme cet argent n’est pas suffisant, les membres procèdent à des levées de fonds tout au long de l’année et vendent les produits artisanaux réalisés par les femmes au centre.

http://www.defimedia.info/dimanche-hebdo/dh-reportage/item/2957-réhabilitation-–-les-femmes-alcooliques-sont-de-plus-en-plus-jeunes.html?tmpl=component&print=1

defimed

Written by  Radha Rengasamy Saturday, 25 August 2012 12:00

Le Dr Gujadhur, du ministère de la Santé, et Anabelle Beeharry d’Étoile d’Espérance expliquent que l’alcoolisme est avant tout une maladie.

L’alcoolisme devient un des principaux problèmes de santé chez nous. Si bien que le ministère de la Santé prépare actuellement un plan pour combattre ce fléau.
L’alcoolisme prend des proportions alarmantes chez nous. Le nombre de personnes alcooliques ne cesse d’augmenter. Selon les chiffres de 2004 du ministère de la Santé, 58 % des hommes et 28 % des femmes consommaient de l’alcool. En 2009, ce chiffre a atteint les 65 % pour les hommes et les 38 % pour les femmes. À l’hôpital Brown-Séquard, 2 200 patients, admis en 2009, étaient traités pour l’alcoolisme. Ce qui constituait plus de 50 % des cas de patients admis dans cet hôpital…

PAR MARIE-LAURE ZISS-PHOKEER, 19 MARS 2012
Avant d’entrée à l’Etoile d’Espérance, les femmes doivent obligatoirement passer entre 3 jours et une semaine à l’hôpital pour des examens et un traitement médicamenteux pour atténuer l’effet de manque, c’est ce qu’on appelle «la cure».
Le problème, c’est que les personnes ont souvent peur d’aller à l’hôpital et que tous les hôpitaux ne proposent pas cette cure, c’est seulement le cas de l’hôpital Brown Sequard à Beau-Bassin, du SSR Hospital de Pamplemousses et de Jeetoo à Port-Louis. Il serait primordial que chaque hôpital se dote d’un service d’addictologie.
Et surtout que ce service soit séparé de la psychiatrie. C’est le cas pour les hommes quand il existe, mais pas pour les femmes, ce qui est discriminatoire !

le-matinal

Le Matinal du 3 février 2010
De plus en plus de femmes à Maurice consomment de l’alcool. Si leur nombre est trois ou quatre fois inférieur à celui des hommes, les effets d’une consommation excessive de boissons alcoolisées chez la femme sont beaucoup plus néfastes et ce à cause d’une raison physiologique.

L’alcool et la grossesse

…En cas de grossesse, c’est le fœtus qui souffre. Phénomène que les médecins appellent le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), et auquel une femme sur 100 qui boit de l’alcool pendant sa grossesse peut être confrontée. Cela provoque souvent un avortement spontané, un accouchement prématuré voire la malformation ou un retard mental du fœtus. Quel que soit le moment de la grossesse, boire de l’alcool nuit à la santé de l’enfant et sa mère. Qu’une femme “supporte’’ bien l’alcool ou non, le bébé, lui, ne le tolère pas! Même avec une consommation faible d’alcool la femme devient plus fragile, tout comme son bébé. Et contrairement aux idées reçues, le placenta ne protège pas le fœtus contre l’alcool et autres substances toxiques. L’alcool traverse aisément la barrière placentaire. Les concentrations d’éthanol dans le liquide amniotique atteignent alors des valeurs comparables à celles mesurées dans le sang maternel, voire davantage car le foie du bébé est immature, et ne l’élimine pas correctement.

Hôpital Brown-Séquard : 46 % des admissions en 2011 liées à l’alcool
Le Matinal du 11 octobre 2012
“Les causes des troubles mentaux sont aussi liées à une consommation élevée d’alcool, a dit Lormus Bundhoo, ministre de la Santé et de la qualité de la vie, et 46 % des admissions à l’hôpital Brown-Séquard, en 2011, étaient dues à des problèmes liés à l’alcool.” C’était mercredi à cet établissement hospitalier, à l’occasion de la 20e Journée mondiale de la santé mentale dont le thème principal était “La dépression, une crise mondiale

Alcool et grossesse : vers une remise en cause du « zéro alcool » ?
Le Matinal du 9 octobre 2010
Une nouvelle étude anglaise sur les effets de la consommation d’alcool durant la grossesse jette un pavé dans la mare et risque de semer le trouble chez les femmes enceintes : elle montre en effet qu’une consommation légère d’alcool (1 à 2 verres par semaine maximum) est sans conséquence sur les plans cognitif et comportemental des enfants à 5 ans. Une étude à prendre cependant avec des pincettes…

lemauricien

Professeur F.H.ABOOBAKER LABAUGE – ARTICLE PARU DANS LE MAURICIEN | 13 OCTOBRE, 2012

Fléau de santé publique qui touche hommes, femmes et adolescents, ces derniers adoptant de nouvelles conduites de binge drinking, « conduite d’alcoolisation massive en public dans un laps de temps très court, masculine d’abord et désormais féminine ». Les produits assassins des professionnels des boissons alcoolisées comme le prémix…
À Maurice, 46 % des admis à l’hôpital Brown Séquard sont dus à ce fléau, selon le ministre de la Santé.

MACOSS : Trois résolutions votées pour dire non à l’alcool

ARTICLE PARU DANS LE MAURICIEN | 1 SEPTEMBER, 2011 – 17:30

La première édition de la Dry Day, organisée par la Mauritius Council of Social Services (MACOSS), a été marqué par le vote de trois résolutions pour dire non à l’alcool. Cette journée sans alcool s’est déroulée à Rose-Hill lundi et a réuni plusieurs ONG avec pour objectif de sensibiliser la société sur les méfaits de l’alcool.
La Dry Day organisée en collaboration avec plusieurs ONG, avait pour principal objectif de conscientiser la population sur les méfaits de l’alcool à travers une marche pacifique dans les rues de Rose-Hill lundi matin.